Un enfant sur trois ignore le fonctionnement du tri sélectif malgré son inscription dans les programmes scolaires depuis plus de dix ans. Les dispositifs d’éducation à la citoyenneté varient fortement d’un établissement à l’autre, parfois même d’une classe à l’autre, sans cadre uniforme. Pourtant, certains territoires enregistrent une progression des comportements écologiques chez les jeunes, portée par des initiatives locales ou des projets pilotes encore largement méconnus.
Pourquoi l’éducation écocitoyenne est devenue un enjeu majeur aujourd’hui
Nos sociétés se heurtent à des défis sociaux et environnementaux d’une ampleur inédite. L’éducation écocitoyenne dépasse désormais l’objectif de transmettre des savoirs : il s’agit d’armer les jeunes pour décrypter le monde, débattre des enjeux, s’investir dans la collectivité. Le parcours citoyen mis en place à l’école s’attache à la transmission des valeurs de la République, au respect des droits et devoirs, à la découverte du rôle que chacun tient dans la communauté. En ciblant les discriminations, racisme, harcèlement, LGBTphobies, il travaille le socle du vivre-ensemble.
La citoyenneté, loin d’être un concept fourre-tout, irrigue des réalités diverses : engagement politique, participation sociale, expression culturelle ou acte économique. Être citoyen suppose de disposer de droits, d’assumer des devoirs, de partager le sentiment d’appartenance à un collectif à multiples échelles, et de s’investir dans la vie publique. À mesure que la question environnementale s’installe dans le débat, l’apprentissage civique et l’écologie ne peuvent plus être dissociés. Les choix pédagogiques mais aussi les politiques publiques s’adaptent, renforçant ce lien permanent entre civisme et soutien aux transitions écologiques.
Trois grands domaines structurent cette forme d’éducation :
- Permettre aux jeunes de comprendre les défis environnementaux du présent
- Favoriser leur engagement réel dans le tissu social, à l’école ou au-delà
- Aiguiser leur esprit critique, moteur face à la complexité des transformations sociales et écologiques
Pour aller au-delà des principes, la communauté éducative s’appuie sur l’Enseignement moral et civique (EMC) et l’Éducation aux médias et à l’information (EMI). Débats argumentés, projets de groupe, actions de sensibilisation ne relèvent plus de l’exception. Il s’agit de façonner des citoyens capables d’analyser les événements, de s’impliquer et de réagir collectivement quand le monde tangue.
Les piliers essentiels : respect, engagement et responsabilité face à l’environnement
Trois axes indissociables guident la construction citoyenne à l’école : le respect mutuel, l’engagement et la responsabilité. L’Enseignement moral et civique occupe une fonction centrale, ouvrant à la compréhension de la République, à la reconnaissance d’autrui et au respect du pluralisme. Savoir écouter l’autre, débattre sans exclusion ni violence, c’est donner chair à une citoyenneté concrète, enracinée dans le quotidien plutôt que théorique ou idéalisée.
L’engagement se vit à travers la participation active aux décisions qui façonnent la vie de l’école et de la société. Le parcours citoyen ne s’arrête pas à l’apprentissage des droits : il encourage à agir pour la laïcité, l’égalité, la question du numérique ou la transition écologique. Les initiatives soutenant l’expression individuelle et collective se multiplient, incitant chacun à trouver une place, à proposer, à collaborer, à agir.
La responsabilité, quant à elle, ne s’arrête plus au respect de ses pairs. Elle intègre maintenant la préoccupation environnementale. L’école ne livre plus seulement des savoirs figés, elle interpelle sur l’impact de chaque geste sur la planète. Dans ce laboratoire citoyen, chacun apprend à concilier droits, devoirs mais aussi respect de l’environnement, donnant un sens tangible à ses choix individuels et collectifs.
Pour mieux cerner ces piliers, voici ce qu’ils recouvrent concrètement :
- Respect mutuel : prendre en compte les autres, écouter et accueillir les différences, base de toute vie collective
- Engagement : participer à la démocratie à l’école, s’impliquer dans des groupes ou des actions concrètes
- Responsabilité : anticiper les conséquences de ses actes sur l’environnement et sur les autres
Comment l’école et la société peuvent-elles cultiver l’écocitoyenneté au quotidien ?
L’éveil écocitoyen s’inscrit dans un processus long, porté à la fois par l’école et la société entière. Dans les établissements, les enseignants réinventent leurs pratiques : ateliers de réflexion, projets autour du recyclage, expéditions pour observer la biodiversité, actions pour réduire l’empreinte carbone. Les éco-délégués sont des relais précieux, sensibilisant leurs pairs et représentant la voix de l’écologie dans les conseils d’établissement.
La démocratie scolaire donne corps à l’engagement des élèves. Qu’il s’agisse de conseils d’enfants, d’associations ou de collectifs thématiques, ces espaces permettent aux jeunes de proposer des idées, de porter des projets, de changer la vie de leur établissement. Les campagnes de lutte contre le harcèlement, d’initiatives solidaires ou de célébrations mémorielles s’ajoutent pour ancrer l’apprentissage citoyen dans le réel et le concret.
Ce mouvement déborde les murs de l’école. Les familles prennent part aux réunions, collaborent avec l’équipe pédagogique, tissent un lien durable avec l’école. Les collectivités locales offrent un appui, déployant des outils et des ressources pour aider l’intégration du développement durable dans le quotidien des élèves. Progressivement, une dynamique collective se met en place : l’écocitoyenneté imprègne la vie scolaire, touche la sphère familiale et s’installe durablement dans la société.
Ressources inspirantes et études pour aller plus loin dans l’éducation écocitoyenne
Pour enrichir ce cheminement, de nombreux organismes proposent des outils et des accompagnements adaptés. Canopé, Clemi, différentes fondations, associations comme Les Petits Citoyens développent supports pédagogiques, ateliers thématiques, modules de débat ou d’action : de quoi épauler chaque enseignant pour approfondir la réflexion collective. Le Clemi, par exemple, dynamise l’éducation aux médias, une pierre angulaire pour apprendre à trier l’information et exercer son esprit critique à l’heure des réseaux sociaux.
La Ligue de l’Enseignement multiplie les parcours d’engagement destinés aux jeunes, tandis que Les Francas ou la Réserve Civique encouragent l’investissement dans la vie associative. Des musées, comme celui de l’Homme, ou des plateformes telles que Lumni, croisent approches scientifiques, débats historiques et réflexion sur les enjeux contemporains. Autant de ressources qui permettent aux élèves d’aller au-delà des cours pour questionner vraiment le vivre-ensemble.
Les grandes orientations données par des institutions telles que le Conseil de l’Europe inspirent les évolutions pédagogiques récentes, notamment dans la structuration de l’enseignement moral et civique ou dans la lutte contre les discriminations. La remise d’un livret de citoyenneté lors de certaines cérémonies scelle symboliquement le parcours accompli par les élèves. Sur le plan international, des réseaux comme celui des établissements français à l’étranger mettent en valeur le plurilinguisme et le métissage culturel via des dispositifs comme l’Option Internationale du Baccalauréat.
Voici un aperçu concret des structures et outils au service de ce projet éducatif :
- Canopé, Clemi, Lumni : ressources pédagogiques, formations, supports adaptés à chaque niveau
- Les Petits Citoyens, Les Francas : ateliers pratiques, débats, projets ancrés dans la réalité locale
- Ligue de l’Enseignement, Réserve Civique : programmes d’engagement citoyen, valorisation du bénévolat
- Conseil de l’Europe, CIDEM : dossiers, analyses pour nourrir réflexion sur droits, devoirs et responsabilités
Semer l’écocitoyenneté, c’est poser les pierres d’un avenir où chaque génération s’implique, s’indigne, invente et défend une société plus lucide, solidaire et consciente de ses choix collectifs.


